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Plongée en Irak

Les mots et les images ont déferlé pour marquer les cinq ans du chaos irakien. Trop, c’est trop. Trop d’horreurs, trop d’informations complexes, trop de préjugés. Le flot des dépêches ne nous rapproche pas de cette tragédie si actuelle: elles nous en éloignent. Par la nausée qu’elles suscitent.

Rien d’étonnant à cela. Les journalistes sur place sont rarissimes. L’essentiel de ce qu’on lit émane d’agences anonymes, de commentateurs marqués par telle ou telle option. L’Irak n’est plus qu’un point sur la carte géostratégique où l’on déplace des pions, le sunnite, le chiite, l’allumé de Téhéran, le gentil Obama, le va- t-en guerre McCain, l’énigmatique Hillary et tant d’autres.

Que faire, au-delà des bavardages, pour mieux savoir, mieux comprendre, mieux pressentir la réalité? Lire le dernier livre d’Anne Nivat 1). Cette journaliste et reporter hors du commun, spécialiste de la Russie, s’est plongée d’abord dans la guerre en Tchétchénie. Puis, elle s’est mise à arpenter l’espace musulman. Voilée, discrète, attentive, elle ne va jamais dans les hôtels, vit chez l’habitant, parle beaucoup avec les femmes. Et ce qu’elle raconte vient troubler nos idées reçues. Elle a fait plusieurs voyages en Irak. Non pas dans des fourgons militaires, non pas recluse dans la «zone verte» où les Occidentaux se barricadent, mais partageant la vie quotidienne de ses amis.

Et soudain, c’est la plongée dans la réalité. La tension permanente dans cette ville où partout poussent des murs de béton et de méfiance. Où le bruit des chars et des avions fait peur à tous. Où la haine religieuse fait couler le sang et pourrit les rapports humains. Comment, dans ce champ de ruines, aimer, se marier, travailler, se distraire? Quelques superbes portraits émergent du récit. Cette femme médecin qui brave les interdits, se dévoue dans les pires conditions, qui n’a pas envie de partir et qui aimerait trouver un mari. Cette belle professeur aux beaux-arts qui pose à côté de l’auteur, la chevelure libre et les lèvres peintes. Ce restaurateur, mi-chiite mi-sunnite, qui s’obstine à à combler ses hôtes: «On ne veut pas entendre ce qui se passe dans la rue. D’ailleurs, le bruit des générateurs couvre tout, et c’est tant mieux. Nous aussi, on veut vivre heureux !» Ce prêtre catholique qui a le droit de voyager et qui, à chaque retour, se désole de l’incompréhension qu’il a rencontrée aux Etats-Unis et en Europe. Son seul message: «Regardez-nous autrement.» Et tous ces hommes, toutes ces femmes, sunnites, chiites, kurdes, chrétiens, qui aimeraient tant la paix et qui osent à peine dire son nom. Qui, c’est le paradoxe dans cet environnement de folie, témoignent d’une dignité, d’un courage et d’un esprit de solidarité admirables.

Un seul vœu unanime. Que les Américains partent. «Ce ne peut pas être pire...» disent-ils tous. Mais dans le bunker géant où se protègent les chefs de l’armée d’occupation, on n’entend rien de ce cri. Lorsqu’elle parvient, non sans difficulté, à rencontrer un expert américain, Anne Nivat est effarée par son ignorance de cette société complexe que la guerre a fracassée.

Cette journaliste a un secret. Elle parle de tous avec empathie. Elle ne se laisse aller à aucune condamnation péremptoire. Elle écoute, elle raconte. Son constat est certes accablant, mais, dans ses termes, il apporte une forme de soulagement au témoin lointain et exaspéré, peut-être même une toute petite lueur d’espoir.

Rapporté à ce regard-là, l’actuel débat sur l’Irak tel qu’il fait rage aux Etats-Unis a quelque chose d’irréel. L’image-fiction que Bush et consorts ont imposée de ce pays a provoqué la mort de 4000 soldats US, des centaines de milliers de victimes civiles, des millions de réfugiés, des souffrances quotidiennes indicibles. Seul l’Iran des mollahs triomphe: il étend son influence. Le mensonge a conduit à la catastrophe. Du coup, cette puissance, même si elle s’amendait et tenait soudain un discours plus raisonnable, a perdu tout droit, toute autorité pour tenter de construire un jour un Irak différent.

On se souvient de la réflexion du général de Gaulle, dans son discours de Phnom Penh, en pleine guerre du Viêt-nam2. «Il est invraisemblable que l’appareil guerrier américain vienne à être anéanti sur place, il n’y a, d’autre part, aucune chance pour que les peuples de l’Asie se soumettent à la loi de l’étranger venu de l’autre côté du Pacifique, quelles que puissent être ses intentions et si puissantes que soient ses armes.» Changez les noms, oubliez la date, le propos reste actuel.

1) Bagdad zone rouge. D’Anne Nivat, Fayard, 280 p.
2) 1er septembre 1966.

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Commentaires

Excellent article!

D'habitude les articles de J.P. sont exaspérants par leur fanatisme européiste, leur idéologie 68arde passée de mode, leur tendance à dénigrer la Suisse et leur ton envieux antibanques.

Mais cet article là est vraiment excellent. On ne peut qu'applaudir des deux mains.

évidement pas un mots sur la fin de la soufrance du peuple Irakien sous le régime de Saddam,pas un mot sur les victoires américaine contre al qaeda,grâce a la nouvel stratégie du général Péatrus et la suptile alliance des ex insurgé sunnit, mais avec bien sûr comme à chaques foi reporter l'insécurité a Bagdad sur tout l'Irak alors que bien des régions ont retrouvé une vie à peu près normal.

ce billet de Pilet et la continuité du défaitisme et de l'antiaméricanisme ambiant des médias européens.

D.J

les GRINGOS n'ont rien a faire en IRAK .ils faut qu'ils partent. Le monde entier les deteste.

les GRINGOS n'ont rien a faire en IRAK .ils faut qu'ils partent. Le monde entier les deteste.

Cher Monsieur,
Le président Carter est-il un homme damné ou un homme courageux ? La presse suisse et européenne semble bien timide à ce sujet et ne parle pour ainsi dire pas de ses récentes déclarations ; voir cet interview : http://www.guardian.co.uk/world/2008/may/26/israelandthepalestinians.usa1
Allez-vous prendre position ou est-ce trop risqué ?
Avec ma considération distinguée.
gg

Géraldine Muhlmann pourrait-elle nous expliquer pourquoi elle a fait mettre un innocent 48h en garde-à-vue, avec les menottes dans le dos pour des courriers littéraires dont elle ne s'est jamais plaint ? Le type a été incarcéré nu à l’hôtel dieu dans une cellule. Fonctionnaire en attente de ré-affectation, il n'est plus payé. On lui réclame 713 euros de frais d’incarcération. Elle elle touche un très gros multiple de cette somme. Pour justifier le contrôle judiciaire qu'elle a demandé, il a été mis en examen, astreint à de longues expertises psychiatriques. Cela a porté un préjudice à sa carrière administrative, il n'est plus payé et psychiquement mort.
D'après ce que les flics que je connais m'ont dit elle n'a jamais été menacée, ni insultée ni maltraitée. Elle a reçu des courriers littéraires et n'a jamais manifesté de quelconque gène. Elle a refusé d’en restituer un, a fait d’abord une main courante infondée pour un motif complètement bidon. Lui a annoncé son intention de porter plainte pour dénonciation calomnieuse. Elle a joué la comédie. Au total le type est accusé de harcèlement sexuel et violences volontaires. Il sort de garde-à-vue le 30/06/07, le même jour elle a fait faire une itt.... Elle a inventé qu'il l'avait harcelé il y a 10 ans, alors qu'il l'a éconduite. Elle a prétendu qu’il la suivait partout. Quand il lui a demandé des explications par écrit, elle l’a dénoncé pour rupture du contrôle judiciaire. Elle a versé à la police un pastiche de procès-verbal envoyé à l’été 2006. Ce qui a valu au type d’être mis en examen pour faux et usage de faux en écriture publique, en plus. Elle n’a jamais été ni insultée ni touchée ni suivie. Le type est brisé, il a récemment fait une tentative de suicide.

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