Ebahis, les Européens voient leur éphémère président, Nicolas Sarkozy, courir de toutes parts pour sauver le monde. Illusion ou espoir?
Le coup de la Géorgie a été un succès. En se précipitant à Moscou et à Tbilissi, «Supersarko» a permis d’obtenir un cessez-le-feu et de fait, a réussi à apaiser le conflit. Sa réaction à la crise financière a été aussi rapide et énergique. Qu’a-t-il fait? Il a d’abord convoqué les dirigeants à haut niveau de la zone euro, plus le premier ministre britannique. Cette concertation préfigure le fameux «gouvernement économique» de l’Europe, tant réclamé par les uns, refusé par d’autres.
Autre initiative du président survolté: réclamer une conférence mondiale pour redéfinir les règles du jeu de la finance. Pour un nouveau Bretton Woods, cet accord de 1944 qui a posé le cadre financier d’après-guerre, avec la création du FMI et de la Banque mondiale. On ne peut qu’applaudir. Le président en exercice de l’Union, accompagné de celui de la commission, a déboulé à Washington pour convaincre les Américains. Avec succès. Puis à Beijing pour s’assurer de l’indispensable participation des Chinois.
Jamais l’Union n’avait, en temps de crise, connu d’impulsions aussi promptes et résolues.
Quoi d’autre? Nicolas Sarkozy suggère aussi un fonds d’investissements européen pour relancer la machine économique. Pourquoi pas? Mais comment diable cela pourrait-il fonctionner? Qui financerait ce pactole? Les pays de l’Union disposent de peu de réserves: un total de 170 milliards de dollars. La Chine en a dix fois plus! Et qui choisirait les bénéficiaires? Le risque est grand de courir au secours des canards boiteux et des patrons les plus influents.
Une grande confusion règne autour de ces béquilles publiques. Du côté des banques, elles étaient, paraît-il, nécessaires. Mais pas pour toutes. Piquant: le ministre allemand des Finances se plaint de leur peu d’empressement à bénéficier de cette aide! Et puis d’autres secteurs, malades depuis longtemps, tel celui de l’auto, profitent du tumulte pour mendier des secours. Ce ne sont pas les emplâtres étatiques qui les sortiront du marasme.
Que l’Union lance des programmes d’envergure (routes, tunnels, universités, centres technologiques, etc...) serait la meilleure des choses. Mais sur ce terrain, beaucoup d’Européens se méfient de l’activisme du président français.
Non sans raison. Son récent discours d’Annecy était renversant. Il célébrait le retour du politique sur l’économie. La toute-puissance de l’Etat. Et en avant pour des soutiens directs, un fonds ici, un coup de pouce là, des crédits à gogo aux entreprises. Aucun socialiste n’en aurait fait plus! Le hic: pas un mot sur la façon de financer ces aides multiples. Alors que «les caisses sont vides» comme disait le même Sarkozy au début de l’année. En France, à droite comme à gauche, on invoque le secours de la dette avec une époustouflante légèreté.
Cet irréalisme ruine les succès politiques du président de l’Union. Un autre défaut jette une ombre au tableau: sa propension à agir seul et à n’impliquer qu’après coup ses partenaires. Sa difficulté à s’entendre avec les Allemands et la méfiance qu’il leur voue affaiblissent son action plus qu’il ne le pense.
L’Eurosarko en fait trop. Son ambition de présider l’«eurogroupe» ces six prochains mois passe très mal.
Reste que dans cette tourmente, l’Union européenne s’est renforcée. Ce qui lui manque est apparu clairement à tous: un président d’envergure pour plus de six mois (ce que propose le Traité de Lisbonne) et une gouvernance économique.
Enfin la crise apporte une spectaculaire démonstration: l’euro amortit les chocs, avec une banque centrale qui fait le poids face aux géants. Les pays restés hors du club sont en revanche secoués par les méchants hoquets du change qui s’ajoutent aux autres soucis. La monnaie s’effondre en Islande (lire le reportage en p.42), s’affaiblit en Grande- Bretagne et plus encore en Hongrie ou en Pologne. Alors que le franc suisse trop cher commence d’inquiéter. L’Europe n’a pas la potion magique. Mais sans ses institutions, tout serait encore plus cauchemardesque.

Monsieur Pilet,
Je suis un fan de vos éditos,ils sont clairs,précis et traitent des vrais problèmes de notre société mondiale.Veuillez maintenant excuser mon impertinence,mais en ce qui concerne la dette nationale de tous les pays du monde je vous conseille de visionner le reportage de Paul Grignon:L'argent dette.
Vous connaissez sûrement plus de gens compétents que moi pour espérer une critique objective du sujet.
Je précise que je ne fais partie d'aucun mouvement politique ou autre.
merci pour votre blog et vos articles.
Renaud
Rédigé par: GRICHTING Renaud | 03 mars 2009 à 19:33