L’affiche apparue à Jérusalem montre « Barak Hussein Obama » portant la « keffieh » palestinienne et le traite d’antisémite, de « Jew hater ». L’extrême-droite qui insulte ainsi le président des Etats-Unis est très minoritaire. Mais le malaise qui s’est installé entre Obama et Israël est profond. Et ce n’est pas le discours du premier ministre israélien qui arrange les choses. Les chancelleries occidentales saluent « un pas en avant ». Sans y croire un instant. Netanyahu a accepté du bout des lèvres la perspective d’une « entité démilitarisée » en forme d’Etat. Mais comme le dit le quotidien « Maariv », « les conditions impossibles qu’il pose aux Palestiniens – et qui reviennent à leur suggérer de se convertir au sionisme – donnent l’impression qu’il cherche plus à esquiver la paix qu’à la prendre à bras-le-corps. » Son propos est à la fois colonial et raciste. Colonial parce que le processus de colonisation devrait se poursuivre en « Judée et Samarie ». Raciste, parce que les Palestiniens sont invités à reconnaître en Israël un « Etat juif », ce qui revient à discriminer un million d’Arabes israéliens. La démarche est celle qui inspira l’apartheid sud-africain : à la ségrégation, on ajoute la création d’un Etat-bidon, impuissant, sous contrôle. La future Palestine, selon Netanyahu, doit être un « bantoustan ». Rien donc ne changera. La transformation progressive de Jérusalem en une ville exclusivement juive. L’expansion des colonies sur des terres volées. Les tracasseries et les humiliations quotidiennes imposées à la population des territoires occupés. L’enfermement de Gaza, empêchée de surcroît de panser convenablement ses plaies. L’emprisonnement de milliers de Palestiniens. Au plan politique cependant, la donne est nouvelle. Jamais Israël n’a été aussi isolé. Les Occidentaux ont encore des paroles aimables mais sur le fond, la divergence entre eux et les dirigeants actuels de l’Etat hébreu reste totale. C’est peu dire que le discours du Caire d’Obama a mal passé. Il a jeté un terrible coup de froid. Pour plusieurs raisons. L’éloge de l’islam a choqué. Le lien établi entre la création d’Israël et l’Holocauste a paru restrictif : le projet sioniste, bien antérieur à l’horreur nazie, n’a pas été approuvé comme tel. La souffrance juive a été évoquée, mais aussi « la douleur du déracinement » des Palestiniens. Enfin il y eut aussi un passage, peu cité, qui a semé le trouble. « Je comprends, a déclaré Obama, ceux qui protestent contre le fait que certains pays disposent d’armes que d’autres n’ont pas. Aucune nation ne doit choisir quelles nations ont le droit de posséder l’arme nucléaire. C’est pourquoi j’ai réaffirmé fortement l’engagement des Etats-Unis dans la recherche d’un monde sans armes nucléaires. » Dans cette logique, le problème des visées iraniennes se pose en termes nouveaux. Certes les grandes puissances ne sont pas près de renoncer à l’arme atomique. Mais elles pourraient un jour demander à l’Iran… et à Israël d’y renoncer tous deux. Car la bombe israélienne dont on parle si peu contrevient aussi aux efforts entrepris contre la dissémination du nucléaire militaire. Obama veut rester fidèle à cet allié plus proche qu’aucun autre. Mais son attitude est à l’opposé de celle de Bush qui se laissait convaincre par un simple téléphone des amis de Jérusalem. Son parcours, si peu européen, marqué par sa connaissance de l’islam, par l’héritage noir, le pousse à considérer la destinée juive avec un certain recul. Au nom de l’équité… et des intérêts américains, il semble attacher autant d’importance à de bonnes relations avec le milliard de Musulmans qu’avec les quelques millions de Juifs. Entre lui et Netanyahu, c’est l’épreuve de force. Si les négociations entre Israéliens et Palestiniens n’ont pas commencé à la fin de l’année – et on ne voit pas comment cela se pourrait – le discours du Caire apparaîtra comme une simple performance rhétorique. Ce serait le premier grand échec de ce président. Mais si celui-ci parvient à établir un vrai dialogue avec l’Iran, Israël se retrouvera dans une solitude bientôt intenable. Or en dépit de l’indignation des démocrates et des manifestations de Téhéran, le sulfureux Ahmaninedjad est assez fort aujourd’hui pour se permettre de parler avec les Américains.

merci pour ce joli article :) la palestine est le seul pays arabe ou le taux d'analphabetisme et trop bas et ce pays a donné de très iminent intrelectuels arabe faut trouvé une solution a ce conflit n'oublions que nous sommes tous les descendant d'adam et eve :)
Rédigé par: paix | 15 juillet 2009 à 18:41