Les candidats au Conseil fédéral doivent-ils exhiber leur généalogie pour entrer dans la course ? Se demander qui a droit au label « Romand » et qui n’y a pas droit est absurde. Un Jean Ziegler est-il un moins bon Genevois parce qu’il a gardé son accent ? Un Roger de Weck qui, en parfait Fribourgeois, s’exprime parfaitement dans deux langues, à l’aise dans les deux cultures, doit-il à tout prix choisir entre l’une ou l’autre étiquette ? Dans cette logique « ethnique » va-t-on s’offusquer demain des ambitions fédérales du conseiller d’Etat vaudois Pascal Broulis parce que son nom est grec ? La Suisse, bien heureusement, n’est pas la Belgique. Elle vit plutôt bien sa diversité… même si celle-ci complique la vie politique. C’est le politologue le plus pertinent de Suisse romande, François Cherix, qui a trouvé la meilleure formule : « On ne naît pas Romand, on le devient. » Que veut-il dire par là ? Un digne représentant de cette minorité est une personnalité qui voit plus loin que son clocher, qui a une forte conscience de ce que cette partie du pays peut apporter à toute la Suisse. Quelqu’un qui secoue l’indifférence croissante des Alémaniques à l’endroit des Confédérés latins. Quelqu’un qui connaît et fait valoir les atouts de cette Romandie si souvent réduite à quelques clichés. Pour en arriver là, il y faut un héritage culturel, mais aussi une expérience de vie, un parcours intellectuel. Prenez le cas de Pascal Couchepin. A ses débuts dans la politique, à Martigny, le terme de « romand » ne signifiait pas grand’chose pour lui. Il était d’abord valaisan. Avec un rêve: sièger sous la Coupole fédérale. Lorsqu’il parvint à son but, en se frottant aux réalités, son horizon s'élargit et il découvrit peu à peu combien il est difficile, pour les Romands, de se faire une juste place sur une scène dominée par la majorité alémanique. Comme son prédécesseur Jean-Pascal Delamuraz, il se désolait de voir si peu de hauts fonctionnaires francophones dans l’administration. Il dut constater que tous les textes fédéraux sont pensés et écrits en allemand, plus ou moins bien adaptés en français et en italien. Il dut se résigner devant un fait choquant: les commandes de la Confédération vont d'abord vers la Suisse allemande, les fournisseurs romands étant le plus souvent ignorés par des bureaucrates qui craignent de devoir parler français. Enfin Couchepin, comme tant d'autres, mesura la difficulté à convaincre l'opinion lorsqu'on ne la séduit pas en « schwyzerdütsch ». C'est dire qu'il faut à tout conseiller fédéral romand une énergie redoublée. Un sûr instinct politique. Et de solides compétences linguistiques. Un ministre alémanique qui baragouine le français, ce n'est pas trop grave. Un Romand qui perd pied en allemand est marginalisé. Avons-nous aujourd'hui de tels talents ? Il y en a plus d'un mais pas forcément chez les libéraux-radicaux. Alors que dans ce parti on trouverait de fortes personnalités à l'autre bout du pays. Quel dilemme absurde...Si deux ou trois membres du collège partaient en même temps, le jeu s'ouvrirait. Des carrures romandes, mais marquées à gauche, pourraient venir renforcer le gouvernement. Le système des démissions isolées, laissées aux caprices de ces messieurs-dames, réduit les chances de trouver les meilleurs, au juste moment, dans la région linguistique dont c'est le tour. Cette manière de faire satisfait l'ego de nos dirigeants mais elle nuit au pays.

Cher Romand,
Que le débat Romand et Suisse alémanique soit encore actuel, me surprend et me rend triste. Moi-même double national F/CH, ayant vécu à Nyon comme en Suisse alémanique et ayant de la famille dans les deux régions, je me considère comme un « vrai » Suisse. Un Suisse capable de comprendre les mentalités des différentes régions ici en discussion et parlant également les langues et dialectes correspondant. Cette richesse semble échapper à nos concitoyens, qui préfèrent communiquer entre eux en Anglais ! Cet appauvrissement culturel rend la compréhension entre ses deux cultures de plus en plus difficile et peux conduire à terme à une situation identique à la Belgique.
En fait, ce qui manque à notre Conseil fédéral, c’est une personnalité du 21ème siècle qui est capable de « penser global » au niveau Suisse. L’Europe n’a plus de frontière entre les différents pays, nous n’en avons pas entre nos différentes régions. Quel plaisir que d’avoir une personnalité capable de communiquer dans les langues/dialectes nationaux et de représenter notre pays dans un bon Anglais à l’étranger. C’est quand même la moindre des choses que l’on puisse demander à un « représentant » de notre pays, non ?
Rédigé par: Andsré C. Boesch | 29 juillet 2009 à 14:32
Encore une fois les romands s'arrogent le droit d'^tre les euls représntants de la Suisse latine, oubliant que cette dernière n'équivaut pas à la Romandie. Pourquoi les romads auraient-ils le droit d'^tre représentés par deux personnes tout en niant le droit de la Suisse italienne d'être aussi représentée? A chaque élection de conseiller fédéral c'est toujours la même histoire de chauvinisme romand qui nie à d'autres groupes linguistique ce qu'on considère normal pour la Romandie. En tant qu'italophone ce pays me dégoute.
Rédigé par: C. Algor | 17 août 2009 à 12:11
c'est le grand problème des romands de ne pas parler du tout l'allemand bien trop souvent, alors que les alémaniques se débrouillent bien en français. S'ajoute à cela le fait qu'ils sont largement majoritaires.
Moins motivés, moins dynamiques souvent, les romands peinent, peinent.
Ceux qui sont allés travailler en suisse allemande (car il y en a qui osent ... ) trouvent qu'ils sont bien accueillis et que ce sont des gens bien plus sympas que ce qu'ils en attendaient.
Donc, pas de raison d'avoir peur.
Courage les romands, il y a de bons éléments qui mériteraient largement une très bonne place dans les milieux économiques ou politiques outre barrière fondue.
Rédigé par: Marlise Bornand | 30 août 2009 à 19:16